L’apnée du sommeil offre une protection inattendue contre les maladies cardiaques

Les personnes souffrant de troubles respiratoires comme l’apnée du sommeil sont généralement plus enclins à contracter des maladies cardio-vasculaires. Mais une nouvelle étude du Technion suggère paradoxalement que des patients ayant eu des crises cardiaques pourrait bénéficier de ces troubles respiratoires du sommeil s’ils sont d’une intensité modérée.

L’apnée et d’autres types de troubles respiratoires du sommeil peuvent augmenter le nombre et l’efficacité de cellules rares qui aident à réparer et à construire de nouveaux vaisseaux sanguins selon le docteur Lena Lavie et ses collègues. Leurs résultats pourraient aider à prédire quels patients courent un risque plus élevé après une crise cardiaque, et peuvent suggérer des moyens pour reconstruire les tissus cardiaques endommagés.

Les troubles respiratoires du sommeil se caractérisent par des cycles d’hypoxie (manque d’oxygène) liés à l’apnée. Ces cycles surviennent chez environ 5 à 10% de la population adulte mais sont extrêmement fréquents chez les patients avec des maladies cardio-vasculaires, entre 40-60%. De nombreuses études ont montré que l’apnée du sommeil est un facteur de risque pour de nombreuses pathologies, de la pression artérielle à l’insuffisance cardiaque chronique, précise le Dr. Lavie. Des études antérieures menées par les scientifiques du Technion suggèrent que l’apnée augmente le stress lié à l’oxygène et génère des inflammations des vaisseaux cardiaques et sanguins.

Les études des scientifiques publiées dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine pourraient aider à franchir un sérieux obstacle médical. Si les troubles respiratoires du sommeil sont associés à une maladie cardio-vasculaire, pourquoi est-ce que les gens qui souffrent de troubles respiratoires du sommeil semblent se porter aussi bien que les patients sains après une crise cardiaque ?

Le docteur Lena Lavie, ainsi que les chercheurs Dr. Slava Berger, professeur Doron Aronson et le Professeur Peretz Lavie, ont cherché des indices sur ce casse-tête chez 40 patients mâles : des dormeurs sains et des patients atteints d’apnée du sommeil qui avaient eu une crise cardiaque juste quelques jours plus tôt.

Des échantillons de sang provenant de ces personnes ont révélé que les patients atteints de troubles respiratoires du sommeil avaient des niveaux nettement plus élevés de cellules progénitrices endothéliales (EPC), qui donnent naissance à de nouveaux vaisseaux sanguins et réparent les cellules du cœur endommagées que les dormeurs saints. Ils avaient également des niveaux plus élevés d’autres protéines favorisant la croissance et des cellules immunitaires qui stimulent la production des vaisseaux sanguins.

Les chercheurs du Technion ont ainsi réussi à déclencher une augmentation similaire de l’activité de renforcement des vaisseaux dans les cellules vasculaires d’une deuxième série de douze hommes et femmes en bonne santé, en retenant l’oxygène des cellules pendant de courtes périodes. «Nos résultats montrent que l’induction légère à modérée d’hypoxie intermittente peut avoir des effets bénéfiques», a déclaré Lena Lavie.

Une prochaine étude est envisagée, consistant à déterminer si, induire une hypoxie intermittente immédiatement après une crise cardiaque, chez des patients sans troubles respiratoires du sommeil, pourrait avoir un tel effet.

source : Technion News
Auteur : Yonathan Aflalo, VI chercheur au Technion