Coopération spatiale internationale : conférence Ilan Ramon en Israël

Ilan Ramon – Crédits : Israel Air Force Center Foundation

A la mémoire de l’équipage de la mission Columbia STS-107, et plus particulièrement à la mémoire d’Ilan Ramon (1954-2003) qui fut le premier astronaute israélien, le ministère de la Science et de la Technologie (MOST), le Fisher Institute for Air and Space Strategic Studies et l’Agence Spatiale Israélienne (ISA) organisent chaque année la Conférence Ilan Ramon sur la recherche spatiale. La 8ème édition de cet évènement aura lieu à l’Air Force House Auditorium d’Herzliya du 29 au 31 Janvier 2013. 

[Voir le Programme] [Site de la conférence]
Les principaux sujets qui seront discutés au cours de la conférence concerneront notamment l’espace et la sécurité; la coopération internationale dans le domaine de l’espace; l’entrepreneuriat, l’innovation et les applications non-traditionnelles de l’espace; la politique spatiale internationale; l’industrie, la science et la technologie liées à l’espace.

Cet évènement, d’une importance capitale pour la coopération internationale, réunira les directeurs des agences spatiales des pays les plus avancés et les plus actifs dans la conquête de l’espace dont, entre autres, Charles Bolden de la NASA (USA) qui connut Ilan Ramon, Jean-Jacques Dordain de l’ESA (European Space Agency), Prof. Yannick d’Escatha du CNES (France), Vladimir Popovkin du ROSCOSMOS (Russie), Hu Yafeng du CNSA (Chine), Prof. Isaac Ben Israel de l’ISA et d’autres dirigeants du Brésil, du Canada du Kazahkhstan, de l’Italie etc. Plus de 2000 participants sont attendus dont de nombreux chercheurs ainsi que des étudiants et lycéens au parcours académique exceptionnel qui représentent le futur de la recherche spatiale.

Le déplacement de Yannick d’Escatha, président du CNES, en Israël sera également l’occasion de resserrer les liens étroits qui unissent la France et Israël dans leur intense coopération spatiale.

Coopération spatiale franco-israélienne : le projet Venµs (source : www.cnes.fr)

La coopération entre la France et Israël dans le domaine spatial a été formalisée le 11 avril 1994, date du premier accord entre l’ISA et le CNES. Dès 1997, la possibilité de travaux communs dans le domaine des microsatellites est évoquée. C’est ensuite en 2003 dans le cadre du programme européen d’observation de la Terre Copernic, précédemment connu sous le sigle GMES (Global Monitoring for Environment and Security), que la France et Israël s’engagent dans  le projet Venµs qui devrait aboutir cette année.

Cadre du projet :
L’information environnementale est d’une importance cruciale. Elle aide à comprendre comment notre planète et son climat évolue, quel est le rôle joué par les activités humaines dans ces changements et comment ces facteurs influent sur notre vie quotidienne. Or, la végétation a un rythme d’évolution rapide. Le constat est fait d’une très forte variabilité spatiale et temporelle des surfaces terrestres : croissance des cultures, évolution de l’occupation des sols, déforestation, feux etc. D’après les scientifiques, le suivi de la végétation nécessite une image tous les 10 jours et une résolution adaptée aux parcelles agricoles, soit inférieure à 20 mètres. Or jusqu’à aujourd’hui, les missions d’observation de la terre couvrent soit la variabilité temporelle soit la variabilité spatiale. Malgré une flottille d’observateurs en orbite terrestre, aucun capteur ne combine haute fréquence de revisite et haute résolution. Concilier haute résolution spatiale et haute résolution temporelle est un enjeu technologique et scientifique majeur et représente le fondement de la mission VENµS.

Objectifs :
En décembre 2003, les objectifs du projet VENµS ont été définis afin de couvrir les aspects stratégiques du développement durable et des applications futures. VENµS couvrira tous les deux jours en alternance 50 sites représentatifs des principaux écosystèmes terrestres et côtiers dans le monde sur 12 bandes spectrales dans les régions du visible et proche infrarouge. Les données fournies sur le suivi de la végétation seront notamment utiles pour mieux estimer l’évolution de ses besoins en eau, et devront donc permettre une meilleure gestion des ressources hydriques. Les scientifiques espèrent également mieux comprendre l’impact des changements climatiques sur les écosystèmes.

Les enjeux technologiques de caractérisent par :
– l’utilisation d’une caméra à haute résolution géométrique (5,3m) et haute résolution spectrale (12 bandes spectrales), permettant d’observer les caractéristiques du terrain et notamment l’état de la végétation et la qualité de l’eau;
– l’utilisation inédite d’un nouveau système de maintien à poste par faible poussée : propulseur électrique à effet Hall.

Le satellite sera utilisé dans un premier temps en maintien à poste à 720 km. A l’issue d’une phase de descente à 410 km, le moteur plasmique servira ensuite à compenser la traînée et à maintenir le satellite à cette altitude pendant un an.

Collaboration franco-israélienne :
Les exigences scientifiques de la mission ont été formulées conjointement par la France (Cesbio) et Israël (Université Ben Gurion du Negev).

La France a la responsabilité du centre de mission scientifique et de traitement des données, fournit la caméra super-spectrale et est responsable de l’interface lanceur. Israël, pour sa part, a la responsabilité de la plate-forme (incluant le système de propulsion hybride et l’intégration des charges utiles), de la fourniture des données technologiques, du Centre de contrôle et du Centre de traitement miroir.

Le gouvernement israélien (par le biais du MOST et du Chief Scientist du MOITAL, Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi) finance la partie israélienne du programme VENµS en coopération avec Israel Aircraft Industries (IAI) et Rafael (Rafael Armament Development Authority).

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