Un archéologue découvre la première preuve de l’existence d’un culte en Judée à l’époque du roi David

Yosef Garfinkel, professeur d’archéologie (chaire Yigal Yadin) à l’Institut d’Archéologie de l’Université Hébraïque de Jérusalem, a annoncé le 9 mai 2012 la découverte d’objets qui, pour la première fois, apportent un éclairage sur la façon dont un culte était organisé en Judée à l’époque du roi David. Au cours des dernières fouilles archéologiques de Khirbet Qeiyafa, une ville fortifiée en Judée près de la vallée d’Elah, Garfinkel et ses collègues ont découvert de riches assemblages constitués de poteries, de pierres et d’outils en métal, ainsi que de nombreux objets d’art et de culte. Il s’agit notamment de trois grandes salles qui servaient de sanctuaire et qui, d’après leur architecture et correspondent à la description biblique d’un culte à l’époque du roi David.

Cette découverte est extraordinaire car c’est la première fois que des sanctuaires de l’époque des premiers rois bibliques sont mis à jour. Comme ces sanctuaires précèdent la construction du temple de Salomon à Jérusalem de 30 à 40 ans, ils fournissent la première preuve physique d’un culte à l’époque du roi David, ce qui a des implications significatives dans les domaines de l’archéologie, de l’histoire et des études bibliques.

L’expédition à Khirbet Qeiyafa a fouillé le site pendant six semaines chaque été depuis 2007, avec la collaboration de Sa’ar Ganor, le co-directeur de l’Autorité des Antiquités d’Israël. Les résultats révolutionnaires de ces cinq années de travail sont présentés aujourd’hui dans un nouveau livre, Sur les traces du roi David dans la vallée d’Elah, publié par le Yedioth Ahronoth.

Situé à environ 30 km au sud-ouest de Jérusalem, dans la vallée d’Elah, Khirbet Qeiyafa était une ville frontière du royaume de Juda face à la ville philistine de Gath. La ville, qui a été datée par dix mesures radiométriques faites à l’Université d’Oxford sur des noyaux d’olives brûlées, a existé pendant une courte période entre 1020 à 980 avant notre ère, et a été ensuite violemment détruite.

L’absence d’images d’hommes ou d’animaux dans les trois sanctuaires fournit la preuve que les habitants du lieu pratiquaient un culte différent de celui des Cananéens ou des Philistins, observant une interdiction sur les images taillées. Les découvertes de Khirbet Qeiyafa indiquent également qu’un style architectural élaboré avait été développé dès l’époque du roi David. Une telle construction est typique d’une activité royale, indiquant ainsi que la formation d’un état, la mise en place d’une élite, avec un certain niveau social et d’urbanisme existaient dans la région dès les premiers rois d’Israël. Ces découvertes renforcent l’historicité de la tradition biblique et sa description architecturale du Palais et du Temple de Salomon.

Selon le professeur Garfinkel, “C’est la première fois que des archéologues découvrent une ville fortifiée en Judée datant de l’époque du roi David. Même à Jérusalem, il n’y a pas de ville clairement fortifiée à cette période. Ainsi, les hypothèses diverses qui nient complètement la tradition biblique du roi David et prétendent qu’il était un personnage mythologique, ou simplement le chef d’une petite tribu, se révèlent maintenant erronées. Au fil des années, des milliers d’ossements d’animaux ont été découverts, y compris de moutons, de chèvres et de bovins, mais pas de porcs. Nous avons découvert trois salles de culte, avec divers accessoires de culte, mais pas une figurine humaine ou animale n’a été trouvée. Ceci suggère que la population de Khirbet Qeiyafa observait deux prohibitions bibliques (interdiction sur la consommation de porc et sur la production d’images taillées) et pratiquait ainsi un culte différent de celui des Cananéens ou des Philistins.”

– Site du projet de fouille archéologique : http://qeiyafa.huji.ac.il
– Contact : Prof. Yosef Garfinkel – Institute of Archaeology, The Hebrew University of Jerusalem, Jerusalem 91905 – email : garfinkel@mscc.huji.ac.il
 Lien vers le communiqué de presse : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/ronpH

Par Jonathan Garel, VI chercheur à l’Institut Weizmann de Rehovot