Vous voulez améliorer les capacités cognitives et motrices de vos enfants ? Faites les chanter !

Une étude menée par le docteur Idit Sulkin, membre du Laboratoire de Sciences musicales dans le département d’arts à l’université Ben Gourion, montre un lien direct entre les chansons pour enfants et les jeux de  mains et le développement de compétences importantes, tant chez les enfants que chez les jeunes adultes, y compris les étudiants.L’étude a duré cinq ans pendant lesquels elle a interrogé les enseignants de maternelle, visité leurs salles de classe, et chanté avec  les enfants. Son but initial était de comprendre pourquoi les enfants sont fascinés par les chants et claquements de mains jusqu’à la fin de la troisième année, lorsque ces passe-temps sont brusquement abandonnés et remplacés par le sport. “Ce fait explique un processus évolutif naturel que les enfants traversent, dit-elle. Les applaudissements et les jeux de chant apparaissent naturellement dans la vie des enfants vers l’âge de sept ans, et disparaissent vers l’âge de 10 ans. Dans cette fenêtre étroite, ces activités servent comme outil de développement qui reflète bien les besoins des enfants – affectifs, sociologiques, physiologiques et cognitifs. C’est une étape de transition qui les mène aux prochaines phases de la croissance.

Bien que la relation entre la musique et le développement intellectuel chez les enfants a été largement étudié – incitant de nombreux parents à obtenir un enregistrement de Mozart ou deux pour leur enfant, juste au cas où – d’après le Dr. Sulkin, aucune étude approfondie n’a été faite sur l’effet que le chant et les jeux ont sur le développement  moteur de l’enfant et les aptitudes cognitives. “Nous avons constaté qu’environ 20 % des enfants qui chantent dans les premières, deuxièmes et troisièmes années, démontrent des compétences absentes chez les enfants qui ne prennent pas part à cette activité. Nous avons constaté que les enfants qui chantent et frappent des mains savent mieux écrire, avec moins de fautes d’orthographe et possèdent une plus belle écriture. Les enseignants pensent aussi que leur intégration sociale est meilleure que celle des enfants qui ne prennent pas part à ces jeux.”Dans le cadre de l’étude, le Dr. Sulkin s’est rendu dans plusieurs classes à l’école primaire pour initier les enfants à ces activités pendant une période de 10 semaines. “Dans un très court laps de temps, les enfants qui, jusque-là n’avait pas pris part à ces activités ont vu leur capacité cognitive augmenter au niveau des enfants ayant déjà participé aux activités . Le Dr. Sulkin en conclu que les activités de chants devraient faire partie intégrante de l’éducation pour les enfants âgés de six à 10 ans, en tant qu’entraînement moteur et cognitif. Elle a également constaté que ces activités ont un effet manifeste sur les adultes : les étudiants de l’université, qui ont rempli des questionnaires, ont indiqué qu’après avoir participé à ces jeux, ils sont devenus plus concentrés et moins tendus. “Ces techniques sont associés à l’enfance, et de nombreux adultes les traitent comme une plaisanterie, mais une fois qu’ils y participent, ils disent se sentir plus alerte et de meilleure humeur. “

Le Dr. Sulkin a grandi dans une maison de musiciens : son père, Adi Sulkin, a recueilli et publié des chansons pour enfants dans les années 1970. «Alors, tout à fait indépendamment de l’expérience de recherche, travailler sur ce sujet fût comme une seconde enfance », dit-elle. Le Dr Warren Brodsky, le psychologue qui a supervisé son travail de thèse, a déclaré que les conclusions du Dr. Sulkin conduisent à l’hypothèse suivante : «les enfants qui ne participent pas à de tels jeux sont plus exposés à des problèmes comme la dyslexie et la dyscalculie. Il ne fait aucun doute ces activités forment le cerveau et influencent le développement dans d’autres domaines ».

Pour en savoir plus : http://web.bgu.ac.il/Eng/home/News/Idit+Sulkin.htm

D’après Julien CHABE, Volontaire International Chercheur