Un moyen naturel d’allonger la durée de vie des végétaux à feuilles.

La sénescence des feuilles chez les plantes (autrement dit, leur vieillissement) peut être due, en dehors du vieillissement naturel, à de nombreux facteurs environnementaux comme la température, la sécheresse, l’approvisionnement en éléments nutritifs, l’attaque d’agents pathogènes et les variations d’éclairement. En outre, les météorologues prévoient que les rendements des cultures vont diminuer à cause des effets causés par le réchauffement climatique. Ainsi, l’inhibition de la sénescence (vieillissement) est vivement souhaitée, en particulier dans les pays à base agricole. Une équipe de l’institut Weizmann dirigée par le professeur Robert Fluhr, a développé une technologie innovante qui offre un moyen naturel de protéger les plantes de plusieurs de ces problèmes environnementaux en utilisant les uréides, qui sont naturellement produites.

Les changements métaboliques au cours de la sénescence sont associés à la transition entre l’assimilation des nutriments et le remplacement des métabolites, cette transition étant accélérée par les activités cataboliques. Dans les légumineuses, les uréides peuvent fournir à la plante des métabolites facilement transportables qui se distinguent par un ratio azote-carbone particulièrement élevé. Cette propriété s’avère particulièrement importante pour la survie de la plante en conditions de stress. Une enzyme clé dans ce processus est la xanthine déshydrogénase (XDH1), qui catalyse la production d’uréides. Il a été démontré que la sénescence des métabolites induit l’accumulation des uréides dans des feuilles de type sauvage. Ainsi, la régulation des niveaux d’uréides par XDH1 a des implications générales pour la survie optimale de la plante au cours de la mise en place des éléments nutritifs, comme cela se produit pendant la croissance normale, un stress important et la sénescence. L’application des uréides sur les feuilles des plantes, similaires a l’insecticide, permet d’inhiber la sénescence, d’étendre sa durée de vie et de favoriser son développement dans des zones à faible luminosité.

D’après Vardina TRIGANO, Volontaire International Chercheur